Le ras le bol du discours de la grande distribution, qui nous jure les yeux dans les yeux et la main sur le coeur, qu'elle se bat pour notre pouvoir d'achat... alors que toutes les enseignes font depuis des années d'énormes bénéfices sur le dos des consommateurs...
Cette année, l'assemblée générale de la Fédération départementale des syndicats des exploitants agricoles (FDSEA) des
cantons de Sedan et de Raucourt s'est déroulée en mairie de Raucourt sous la présidence de Philippe Baudet.
La baisse des prix de la viande bovine et porcine était au cœur des débats. A cette occasion, les agriculteurs demandent
des prix rémunérateurs et l'allégement des charges franco-françaises. Alors que le renouvellement des contrats entre la grande distribution et industriels se négocie en ce moment, des promotions
jugées scandaleuses en grande surface saignent les exploitants.
Les citoyens doivent être conscients des distorsions qui existent entre le prix payé au producteur et le prix payé par le
consommateur.
Ainsi, entre 1992 et 2010, le prix de la viande de bœuf payé à l'exploitant diminuait de 8 %, pendant que le consommateur payait sa viande 50 % de plus.
On peut se poser la question du prix payé aux producteurs et de la répartition de la marge entre production et
distribution.
Philippe Baudet rappelle que cette année, on a dû, une fois de plus, se battre contre les industriels et les
transformateurs. Ainsi, les agriculteurs ardennais n'ont eu d'autre choix que de se joindre aux nombreux producteurs français, afin de bloquer les abattoirs du groupe Bigard qui représente 42 %
du marché de l'abattage de la viande bovine française. Il fallait que Bigard revienne à la table des négociations, afin que les éleveurs puissent défendre leurs revenus à travers les prix.
Christian Deglaire et Ludovic Tavenaux, respectivement président du canton de Sedan-sud et de celui de Raucourt, ont mis
l'accent sur les charges qui plombent les producteurs. Les contraintes sanitaires franco-françaises mettent un boulet au pied des éleveurs.
Thierry Bosserelle, président du canton de Sedan-nord, a, quant à lui, déploré la même situation au niveau des charges pour
les maraîchers de son canton. Une concurrence au sein même de l'Union Européenne existe. Ainsi, les souplesses qui existent chez nos voisins allemands, en terme de TVA et de charges sociales, ne
permettent pas aux agriculteurs français d'être concurrentiels.
Source : L’Union Ardenais