Le ras le bol du discours de la grande distribution, qui nous jure les yeux dans les yeux et la main sur le coeur, qu'elle se bat pour notre pouvoir d'achat... alors que toutes les enseignes font depuis des années d'énormes bénéfices sur le dos des consommateurs...
Le seront-ils sans débrayages aujourd'hui ? Pierre Deyries, le directeur de la communication du géant
suédois de l'ameublement, s'attend à un samedi perturbé :
« Je pense qu'ils se préparent plus pour demain que pour aujourd'hui. »
Confirmation de Marylène Laure-Douilly, déléguée CGT d'Ikea France.
La mobilisation devrait s'intensifier sur l'ensemble de la France.
« Ça va être massif », prévoit-elle. « La colère monte dans tous les magasins », souligne Anissa Arabi, de la CFDT commerce et services.
2 % proposés4 % demandés
Alors que l'intersyndicale campe depuis plusieurs jours devant le siège social de Plaisir (Yvelines) sans faire de blocage, les représentants du personnel se disent très déçus par les dernières
propositions d'augmentation de salaires formulées par la direction.
Lors des discussions, Ikea a proposé 2 % d'évolution de la masse salariale, dont 1 % d'augmentation collective.
« Et d'autres augmentations mécaniques, comme celle liée à l'ancienneté qui doit bénéficier à 60 % des collaborateurs », ajoute Pierre Deyries.
Pas suffisant aux yeux des syndicats qui réclament en priorité des hausses collectives de 4 %. Selon eux, le groupe aurait fait 52 millions d'euros de bénéfices, en France, en
2009.
L'intersyndicale parle même de « mépris » de la direction qui ne confirme pas ce chiffre.
Cette grève écorne en tout cas le modèle social revendiqué par l'enseigne présente, avec ses 130 000
salariés, dans trente-huit pays à travers le monde.
« C'est la première fois qu'Ikea est confronté à un mouvement social d'une telle ampleur », reconnaît la direction